dimanche 30 octobre 2011

PMR & SERVICES PUBLICS : LA REGLEMENTATION

Tant au niveau local qu'à l'échelon international, plusieurs textes juridiques réglementent la législation sur l'accès des services publics aux Personnes à Mobilité Réduite (PMR).
Au niveau international

En Europe, la notion d’aménagement raisonnable est apparue dans les textes légaux il y a moins de dix ans. C’est la directive 2000/78/CE du 27 novembre 2000, relative à l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de religion ou de convictions, de handicap, d’âge ou d’orientation sexuelle en matière d’emploi et de travail, qui a consacré la notion d’aménagement raisonnable en droit européen.

Le 2 juillet 2008, une nouvelle proposition de directive a été adoptée par la Commission européenne. Celle-ci vise la mise en œuvre du principe de l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de religion ou de convictions, de handicap, d’âge ou d’orientation sexuelle dans l’ensemble des biens et services. Cette proposition doit encore être adoptée par le Conseil des Etats membres de l’Union européenne avant de pouvoir entrer en application dans chacun des pays concernés.

L’Organisation des Nations Unies a adopté, le 13 décembre 2006, la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées. En son article 2, la Convention définit les aménagements raisonnables. La Belgique a ratifié la Convention, qui est entrée en vigueur le 1er août 2009.

Au niveau fédéral

En Belgique, la loi anti-discrimination du 10 mai 2007 interdit les discriminations fondées, notamment, sur le handicap dans les domaines du logement, de l’accès aux biens et services et de la fourniture de biens et services proposés au public. Elle couvre également l’accès, la participation et tout autre exercice d’une activité économique, sociale, culturelle ou politique accessible au public. En son article 4 12°, la loi du 10 mai 2007 considère que le refus de mettre en place des aménagements raisonnables pour les personnes handicapées constitue une discrimination.

Au niveau régional et communautaire

Les Régions et Communautés ont également adopté des dispositions légales découlant de la directive européenne 2000/78/CE.

En Flandre, c’est le décret du 10 juillet 2008 portant le cadre de la politique de l’égalité des chances et de traitement, qui définit les adaptations raisonnables pour les personnes porteuses d’un handicap.

En Région wallonne, le concept d’aménagement raisonnable figure dans le décret du 6 novembre 2008 relatif à la lutte contre certaines formes de discrimination, modifié par le décret du 19 mars 2009 en ce qui concerne le champ d’application des biens et services.

La Communauté française a suivi au travers du décret du 12 décembre 2008 relatif à la lutte contre certaines formes de discrimination.

Seule la Région de Bruxelles-Capitale n’a pas encore pris d’initiative similaire à ce jour, excepté dans le secteur du logement : il s’agit de l’ordonnance du 19 mars 2009 modifiant celle du 17 juillet 2003 portant le Code bruxellois du logement. Cette ordonnance a pour objectif de créer, dans l’accès au logement, un cadre général visant à lutter contre la discrimination fondée notamment sur le handicap ou l’état de santé.

Le Protocole relatif au concept d’aménagements raisonnables
En raison de la complexité du modèle institutionnel belge, il était indispensable d’adopter une définition commune de la notion d’aménagement raisonnable. Lors de la Conférence interministérielle du 11 octobre 2006, l’Etat fédéral, les Régions et les Communautés ont approuvé un Protocole relatif au concept d’aménagements raisonnables, publié au Moniteur le 20 septembre 2007.

Poste Sterckx : une rampe d’accès est possible




Un exemple de rampe d'accès à Schaerbeek pour les PMR. Mais il a fallut galérer et batailler pendant dix ans pour obtenir ce résultat. C'est finalement la commune qui a dû mettre la main au porte-feuille.


Saluons ici Miguel Gerez qui a fondé l'association «Accès & Mobilité pour tous» (cliquez ici pour visiter le site) qui s'est battu pour obtenir un accès au bureau de poste de la Chaussée de Haecht.

Avis sur le cahier de charges de Victor

Article en préparation.

De nouvelles crèches à Saint-Gilles

Article en préparation.

OK Coral à Bethléem


C'est pas rock'n'roll, ça ? Article en préparation.

STOP AUX POUBELLES CLANDESTINES



Nous étions prévenu : les autorités vont sévir face aux bruxellois négligeant les règles en matière de ramassage de poubelles. Ceci dit, on nous avait parlé d'une campagne d'information "pédagogique" chez les gens. Nous, on n'a vraiment rien vu.

1.441 USAGERS DE LA POSTE RECLAMENT UN ACCES POUR LES PMR

Ce samedi 29 octobre 2011 vers 10.30 heures, le Comité de Défense de Saint-Gilles et ses partenaires (La Commission Consultative de la Personne Handicapée, le CAFA et le Pianofabriek) avaient fixé rendez-vous devant la poste pour remettre les 1.441 signatures au responsable de la poste de la rue Sterckx. Une cinquantaine de personnes nous ont rejoints - dont l'association Bruxelles Pour Tous. La veille, nous l'avons rencontré devant l'entrée du bureau et lui avions annoncé notre venue. Plusieurs guichetiers étaient à ses côtés et, tout en fumant, ont dit soutenir notre action. Kof kof.

Plus fort : certains ont également manifesté leur colère face à cette situation où la poste n'est plus accessible aux personnes à mobilité réduite (les PMR) ! En effet, l'ironie de l'histoire est que, avant les travaux de 2008-2009, les usagers de la poste pouvaient passer par le garage pour avoir accès à la salle de guichets. Lors de la réouverture de la poste en juillet 2009, nous avons constaté qu'une cloison avait été construite et des casiers disposés contre ce nouveau mur. En conséquence de quoi les clients - qui ne sont visiblement pas rois à la poste - n'ont plus d'autre choix que de passer par la grande porte ... après avoir gravi les 6 marches d'escalier. Un calvaire pour beaucoup (à l'instar des mamans avec leur poussette enthousiastes à l'idée de soutenir notre pétition - ci-dessous). Faites-en l'expérience un samedi ...




Enfin, quand on dit "passer par la grande porte", c'est une vue de l'esprit. En effet, des grillages et échafaudages (par ailleurs vraisemblablement "empruntés" par on ne sait quel miracle à la STIB) ont été joliment disposés devant la fameuse entrée. Combien de personnes mal voyantes ou ayant des difficultés motrices n'ont-elles pas été piégées dans ce dédale miniature. Sans compter aussi que pour poster une lettre, il faut non seulement gravir deux ou trois marches d'escaliers et mesurer au moins 1,70 mètres et de longs bras. Car les responsables de la poste considèrent qu'à coup sûr, ses clients ont évidemment ce profil.

Cette dame a connu les pires difficultés pour monter ces marches avec son sac.

Autre curiosité : les saint-gillois ne doivent plus aller dans les massifs alpins pour craindre le risque de chutes de pierres - comme en témoignent ces feuillets judicieusement situés sur le mur ... du passage interdit !

Bref, fort de nos revendications, nous avons répondu aux journalistes présents (Viva Bruxelles et VLAN) et attendu 11.15 heures pour demander à rencontrer le percepteur ou un responsable. C'est une étudiante (si ! si ! ) qui nous confie qu'il n'y a pas de responsable présent - ben tiens ...

Nous demandons néanmoins de déposer notre boîte contenant les précieuses pétitions et nos revendications. Soulignons au passage que nous n'avons pas fait la file. Par contre, la clientèle de la poste était accostée dès les abords du bâtiment pour leur expliquer la raison de notre action. Dépasser tout ce monde n'a posé aucun problème. Nous en remercions les clients qui ont bien compris la pertinence de notre action.

Les grillages : de véritables souricières.

Par contre, la discussion avec les guichetiers était, elle, plus tendue. Il nous a été interdit de prendre des photos à l'intérieur, nous menaçant de porter plainte en cas de publication (hum : soyons sérieux : nous ne faisions pas d'espionnage industriel, quand même ...). Ca en dit long sur l'ambiance imposée par la hiérarchie, particulièrement soucieuse de son image de marque mais nettement moins des PMR.



Dans la foulée, on nous prétendu que le percepteur n'était pas présent. Puis qu'il l'était - mais ailleurs dans le bâtiment. Puis qu'il y avait quand même un responsable mais ... qui ne pouvait pas accepter le colis. Nous avons insisté pour contacter le percepteur par téléphone. Après une improbable disparition temporaire du responsable du jour (il faut bien l'appeler comme ça), c'est visiblement à contrecoeur qu'il a daigné réceptionner le paquet contre une sorte de récépissé (assez cochonné comme vous pouvez le voir ci-dessous). Joie, liesse et bonheur. Hosannah. Même le cachet de la poste y figure !

Sur ce, mission accomplie, nous avons remercié les clients pour leur patience et pris la porte de sortie. Et dévalé les escaliers - enfin, pour ceux d'entre nous qui avaient physiquement la possibilité de les gravir à l'entrée.

Lundi, nous irons déposer une copie de la pétition à Madame Inge Vervotte (Ministre de la Fonction publique et des Entreprises publiques), Monsieur Emir Kir (Ministre de l'Urbanisme), Véronique Ghesquière (du Centre pour l'Egalité des Chances) et Monsieur Johnny Thijs (patron de BPost - il faut bien l'appeler comme ça).

Quant à nous, nous allons publier un numéro de notre périodique (Saint-Gilles Midi) et débriefer tout cela. Une chose est sûre : nous n'en resterons pas là ! En l'absence de réaction forte et rapide des responsables (il faut bien les appeler comme ça) de la poste, nous nous réservons la possibilité d'autres actions. Mais cette fois, nous serons moins patients. Nous n'attendrons pas deux ans et demie qu'un accès aux PMR devienne réalité !